Le griffon nivernais est un chien de chasse français rustique, courageux et endurant, issu de la région de la Nièvre. Race ancienne reconstituée avec soin au XIXe siècle, il séduit par sa robustesse et son tempérament équilibré. Avant de l’accueillir, voici ce qu’il faut savoir :
- Son origine remonte aux croisades et aux meutes royales médiévales
- Son poil dur et hirsute lui confère une allure sauvage très reconnaissable
- Il est taillé pour la chasse au sanglier en terrain difficile
- Son caractère indépendant demande une éducation cohérente
- Il convient mieux à un foyer actif, idéalement à la campagne
Voici tout ce que vous devez connaître sur cette race attachante et singulière.
Qu’est-ce que le griffon nivernais ?
Le griffon nivernais est un chien courant de taille moyenne, classé par la Fédération Cynologique Internationale (FCI) en groupe 6, section 1.2, numéro 17. Ce classement correspond aux chiens courants de taille moyenne. Concrètement, cela signifie qu’il est sélectionné pour pister, poursuivre et tenir le gibier à l’effort. Ce n’est pas un chien d’agrément au sens premier. C’est un chien de travail, fait pour les grands espaces et la chasse en meute. Il reste néanmoins capable de s’intégrer à la vie familiale, à condition que ses besoins soient pleinement respectés.
Origine et histoire du griffon nivernais
Le griffon nivernais serait issu du chien gris de Saint-Louis, un chien ancien rapporté en Europe après la huitième croisade. Pendant plusieurs siècles, ce type de chien a figuré dans les meutes royales françaises. Sa popularité a décliné sous le règne de François Ier, au profit d’autres races plus à la mode. Des éleveurs et chasseurs du Nivernais ont pourtant préservé ce type canin dans leurs chenils. La race a ensuite été reconstituée au XIXe siècle par des croisements avec le griffon vendéen, le foxhound anglais et le chien à loutre. Le club du Griffon Nivernais a été fondé en 1925. Après la Seconde Guerre mondiale, la race a failli disparaître. Le club a relancé la sélection en 1969, sauvant ainsi cette race d’une extinction définitive.
À quoi ressemble le griffon nivernais ?
Le griffon nivernais présente une silhouette rustique, robuste et sèche. Son corps est plus long que haut, ce qui lui donne une allure solide et tenace. Sa tête est fine, légère et légèrement longue. Ses yeux foncés, ses sourcils bien visibles et son expression concentrée lui donnent un air sérieux et déterminé. Ses oreilles sont longues, tombantes et légèrement tournées vers l’intérieur à leur extrémité. Sa queue, de longueur moyenne, est portée basse au repos et en forme de sabre lorsqu’il est en action. Son allure générale est naturelle, presque sauvage, ce qui le rend très caractéristique parmi les chiens courants français.
Taille, poids et silhouette
| Caractéristique | Mâle | Femelle |
|---|---|---|
| Taille au garrot | 55 à 62 cm | 53 à 60 cm |
| Poids approximatif | Non standardisé officiellement | Non standardisé officiellement |
| Silhouette | Plus longue que haute | Plus longue que haute |
| Gabarit | Moyen | Moyen |
La taille peut légèrement varier selon les lignées d’élevage. Le poids exact n’est pas fixé par le standard officiel, mais sa morphologie solide et sèche suggère un chien bien charpenté sans excès. Il donne une impression d’endurance plutôt que de puissance brute.
Le poil, la robe et les couleurs du griffon nivernais
Son poil est long, dur, hirsute et rêche. Cette texture lui offre une protection naturelle efficace contre les ronces, l’humidité et le froid. La robe la plus répandue est le fauve charbonné, c’est-à-dire un fond fauve rehaussé de poils plus foncés mélangés. On retrouve aussi des teintes :
- poil de lièvre
- gris loup
- gris bleu
Des poils blancs sont admis, ainsi qu’une petite tache blanche sur le poitrail. Son aspect général reste ébouriffé et naturel, très éloigné des robes soignées de certaines races de salon. C’est précisément cette rusticité qui fait son charme et son utilité sur le terrain.
Quel caractère a ce chien de chasse ?
Le griffon nivernais est courageux, tenace et déterminé. Il n’hésite pas au contact direct avec le sanglier, ce qui témoigne d’un tempérament sans faiblesse. À la maison, il se montre souvent calme et équilibré. Il peut être affectueux avec sa famille, sans être excessivement démonstratif. Son indépendance est réelle : il prend volontiers des initiatives et peut faire preuve d’une vraie forte tête. Il aboie et hurle, comme la majorité des chiens courants. Son équilibre repose sur un bon mélange entre calme au foyer, énergie au travail et fidélité à son maître.
Le griffon nivernais est-il facile à éduquer ?
Son éducation doit débuter dès le plus jeune âge. Elle demande de la douceur, de la fermeté et surtout de la cohérence. La brutalité est à proscrire absolument : ce chien ne répond pas à la contrainte excessive. Le laxisme est tout aussi contre-productif. Deux points fondamentaux méritent une attention particulière :
- Le rappel, à travailler avec patience et régularité
- La marche en laisse, souvent difficile pour un chien habitué à suivre une piste
La socialisation du chiot est déterminante. Il faut l’exposer tôt aux personnes, aux autres chiens, aux bruits et aux environnements variés. Un débutant peut réussir son éducation, à condition de s’y investir sérieusement et de ne pas négliger les bases.
Pour quel type de chasse le griffon nivernais est-il fait ?
Il excelle dans la chasse au sanglier en petite meute. Ses aptitudes naturelles sont remarquables :
- Repérage et suivi de piste sur de longues distances
- Endurance exceptionnelle à l’effort
- Courage au contact direct du gibier
- Adaptation aux terrains humides, marécageux et froids
Il supporte mal la chaleur, ce qui peut limiter son utilisation lors des journées estivales. Son poil protecteur et sa morphologie robuste en font un chien idéal pour les régions aux conditions climatiques exigeantes. Il reste avant tout un chien de travail cynégétique.
Le griffon nivernais est-il adapté à la vie de famille ?
Il peut s’intégrer harmonieusement à une vie de famille, sous certaines conditions. Il s’attache à son maître et peut être sociable avec les enfants si l’éducation est solide et la surveillance assurée. Il cohabite généralement bien avec d’autres chiens, surtout s’il a été bien socialisé. Sa relation avec les autres animaux dépend de ses habitudes de chasse et de son éducation. Il n’est pas adapté à la vie en appartement ni à un environnement urbain. Une maison avec grand jardin à la campagne lui convient bien, à condition que ses besoins d’activité soient pleinement satisfaits chaque jour.
Les besoins d’exercice et de dépense au quotidien
Ce chien a besoin de sorties longues et régulières, tous les jours. Une à deux heures de marche active quotidienne représentent un minimum raisonnable. Sans dépense suffisante, il peut devenir agité, vocal ou destructeur. Il convient à un propriétaire :
- Actif et disponible
- Amateur de randonnée ou de marche en nature
- Vivant en zone rurale ou péri-urbaine avec accès aux espaces ouverts
La stimulation mentale est tout aussi importante que la dépense physique. Des exercices de pistage, même hors contexte de chasse, peuvent l’épanouir significativement.
Entretien, toilettage et soins des oreilles
| Soin | Fréquence recommandée |
|---|---|
| Brossage ou étrillage | 1 fois par semaine minimum |
| Démêlage approfondi | 3 à 4 fois par an |
| Nettoyage des oreilles | Régulier, après chaque sortie humide |
| Vérification des parasites | Après chaque sortie en extérieur |
| Bain | Seulement si nécessaire |
Son poil est relativement facile à entretenir malgré son aspect hirsute. Les oreilles longues et tombantes représentent le vrai point de vigilance. Elles retiennent l’humidité et peuvent favoriser des irritations ou des otites. Un nettoyage régulier et une épilation occasionnelle sont indispensables, particulièrement après les sorties en terrain humide.
Alimentation et risque de retournement de l’estomac
Le griffon nivernais, comme plusieurs races de gabarit moyen à grand, présente un risque de dilatation-torsion de l’estomac (retournement gastrique). C’est un point de santé majeur à connaître absolument. Pour prévenir ce risque :
- Fractionnez les repas en deux prises quotidiennes
- Évitez tout effort intense dans les deux heures suivant le repas
- Privilégiez un repas calme dans un environnement sans agitation
Son alimentation doit être adaptée à son niveau d’activité. Un chien qui chasse régulièrement aura des besoins énergétiques supérieurs à un chien de compagnie sédentaire. Surveillez son poids et ajustez les rations en conséquence.
Santé et points de vigilance à connaître
Le griffon nivernais est une race robuste et résistante. Il supporte bien le froid et l’humidité. Aucune maladie héréditaire spécifique à la race n’est officiellement répertoriée à ce jour. Les points de vigilance principaux restent :
- Le risque de retournement gastrique
- La santé des oreilles (otites, irritations liées à l’humidité)
- L’état général après les longues sorties (pattes, coussinets, griffes)
- La sensibilité à la chaleur en période estivale
Un suivi vétérinaire régulier, des vaccinations à jour et un traitement antiparasitaire adapté suffisent généralement à maintenir ce chien en bonne santé.
Erreur courante à éviter avec le griffon nivernais
L’erreur la plus fréquente est de sous-estimer ses besoins d’activité et d’indépendance. Beaucoup de propriétaires novices pensent qu’un jardin suffit. Ce n’est pas le cas. Un griffon nivernais enfermé, sans stimulation ni sortie longue, développera des comportements indésirables : aboiements excessifs, fugues, destructions. Une autre erreur courante est d’adopter ce chien pour son allure attachante sans connaître ses origines cynégétiques. Son instinct de chasse reste très présent. Le rappel en milieu ouvert peut être très difficile si ce travail n’a pas été initié dès le plus jeune âge.
Griffon nivernais ou autre chien courant : quelle alternative ?
| Race | Taille | Spécialité de chasse | Caractère | Vie en famille |
|---|---|---|---|---|
| Griffon nivernais | Moyen (53–62 cm) | Sanglier, grand gibier | Tenace, indépendant | Possible à la campagne |
| Griffon vendéen grand | Grand (60–68 cm) | Cerf, sanglier | Fougueux, obstiné | Délicate |
| Griffon fauve de Bretagne | Moyen (48–56 cm) | Lièvre, renard | Sociable, vif | Bonne |
| Basset artésien normand | Petit (30–36 cm) | Petit gibier | Affectueux, calme | Très bonne |
| Anglo-français de petite vénerie | Moyen (48–56 cm) | Lièvre, lapin | Équilibré, actif | Correcte |
Si vous cherchez un chien courant plus facile à intégrer en famille non chasseuse, le griffon fauve de Bretagne ou le basset artésien normand peuvent représenter des alternatives intéressantes. Le griffon nivernais, lui, reste idéalement destiné à un propriétaire chasseur ou très actif.
Conclusion : faut-il choisir un griffon nivernais ?
À retenir
- Le griffon nivernais est une race française ancienne, reconstituée après la Seconde Guerre mondiale, rare et précieuse.
- Il excelle dans la chasse au sanglier grâce à son endurance, son courage et son instinct de piste.
- Son entretien est simple, mais ses oreilles et son alimentation demandent une surveillance constante.
- Il ne convient pas à la vie en appartement ni à un propriétaire peu disponible.
- Un foyer actif, à la campagne, avec une éducation douce et ferme dès le chiot : voilà son environnement idéal.
Le griffon nivernais s’adresse à un propriétaire passionné, disponible et respectueux de la nature profonde du chien. Ce n’est pas un choix anodin. C’est un engagement envers un animal de caractère, taillé pour le grand air et l’effort. Si vous êtes chasseur, amoureux des chiens courants ou simplement à la recherche d’un compagnon rustique et fidèle pour une vie à la campagne, cette race mérite toute votre attention. Prenez le temps de rencontrer des éleveurs sérieux, idéalement affiliés au club fondé en 1925, et de vous informer auprès de propriétaires expérimentés avant de vous lancer.




