Un chiot qui mange ses crottes, ça surprend, ça dégoûte parfois, mais ce comportement est plus fréquent qu’on ne le croit. Avant de s’alarmer, voici ce qu’il faut savoir :
- Ce comportement s’appelle la coprophagie et touche de nombreux chiots.
- Il peut être passager ou révéler une cause précise à identifier.
- Les solutions existent et sont accessibles à tout propriétaire attentif.
- Une consultation vétérinaire reste indispensable si le problème persiste.
Dans cet article, nous vous guidons pas à pas pour comprendre pourquoi votre chiot adopte ce comportement et comment y remédier efficacement.
Mon chiot mange ses crottes : faut-il s’inquiéter ?
Pas nécessairement, surtout chez un très jeune chiot. Ce comportement est signalé par de nombreux propriétaires et éducateurs canins. Il ne traduit pas un manque d’hygiène ni un caractère "mauvais". Votre chiot explore le monde avec son nez et sa bouche. Il peut donc goûter, renifler et ingérer des matières qui nous semblent répugnantes. L’inquiétude est légitime, mais la panique est rarement justifiée. Ce qui compte, c’est d’observer la fréquence, le contexte et les signes associés.
La coprophagie chez le chiot, c’est quoi exactement ?
La coprophagie désigne le fait de manger des matières fécales. Un chiot peut ingérer ses propres crottes, celles d’un congénère ou celles d’un autre animal. Ce comportement existe aussi chez d’autres espèces : lapins, chevaux, cochons d’Inde, singes. Il ne s’agit donc pas d’un comportement "impossible" dans le monde animal. Chez le chien domestique, il devient préoccupant lorsqu’il est fréquent, persistant ou accompagné d’autres symptômes.
Pourquoi un chiot mange ses crottes ?
Les causes sont multiples et peuvent se combiner. Voici les principales :
| Catégorie | Exemples de causes |
|---|---|
| Comportementale | Imitation de la mère, instinct de propreté, habitude acquise |
| Alimentaire | Ration insuffisante, nourriture peu rassasiante, mauvaise qualité |
| Digestive | Mauvaise absorption des nutriments, transit perturbé |
| Parasitaire | Vers intestinaux, infestation non traitée |
| Émotionnelle | Stress, ennui, anxiété de séparation, peur |
| Médicale | Gastrite, trouble digestif, pathologie sous-jacente |
Identifier la catégorie dominante oriente directement la solution à mettre en place.
Est-ce normal chez un jeune chiot ?
Oui, dans certains cas. Un chiot de 2 à 5 mois explore activement son environnement par la bouche. Il peut goûter ses selles par simple curiosité. Une mère chienne mange les crottes de ses petits pour garder le nid propre et masquer les odeurs aux prédateurs. Le chiot peut reproduire ce geste instinctivement. Ce comportement devient problématique s’il persiste au-delà de 6 mois ou s’installe comme une habitude quotidienne.
Les causes les plus fréquentes à vérifier
Avant toute action, observez votre chiot pendant quelques jours. Posez-vous ces questions :
- Le comportement est-il apparu brutalement ?
- Se produit-il après chaque repas ou seulement à certains moments ?
- Votre chiot est-il seul longtemps chaque jour ?
- Sa vermifugation est-elle à jour ?
- Son alimentation est-elle adaptée à son âge et à son poids ?
Ces observations simples permettent souvent d’orienter rapidement vers la bonne piste.
Mon chiot mange ses crottes à cause du stress ?
C’est une cause fréquemment sous-estimée. Un chiot anxieux peut développer des comportements répétitifs pour se calmer. Manger ses crottes peut alors devenir une sorte d’exutoire. Les sources de stress les plus courantes chez le chiot incluent :
- la solitude prolongée (plus de 3 à 4 heures pour un chiot de moins de 6 mois),
- un changement d’environnement récent,
- des punitions répétées lors de l’apprentissage de la propreté,
- un manque de stimulation physique et mentale.
Un chiot qui s’ennuie peut aussi développer ce comportement par désœuvrement. La présence humaine et l’enrichissement du quotidien restent les premiers leviers à actionner.
Alimentation, digestion et parasites : les pistes à ne pas négliger
Une alimentation inadaptée peut rendre les selles "attrayantes" pour le chiot. Si la nourriture est mal digérée, les matières fécales contiennent encore des résidus alimentaires odorants. Un chiot ayant faim peut également être tenté par ses propres selles. Les points à vérifier :
- La ration journalière correspond-elle aux recommandations du fabricant et du vétérinaire ?
- La nourriture est-elle adaptée à la croissance (étiquette "junior" ou "chiot") ?
- La vermifugation a-t-elle été réalisée à 2, 4, 6 et 8 semaines, puis tous les 3 mois ?
Un chiot de 10 semaines pesant 5 kg a des besoins très différents d’un adulte de même race. Une erreur de dosage, même modeste, peut engendrer une faim chronique.
Erreur courante : punir le chiot après coup
Punir un chiot plusieurs secondes après qu’il a mangé ses crottes est une erreur fréquente. Le chiot ne fait pas le lien entre la punition et l’acte. Il retient seulement que son humain devient imprévisible ou effrayant. Pire encore : si vous le grondez lors de l’apprentissage de la propreté, il peut associer "faire ses besoins en votre présence" à quelque chose de dangereux. Il peut alors manger ses selles pour "effacer la preuve". Criez, surréagissez ou punissez trop fort, et vous renforcez involontairement le problème.
Comment empêcher votre chiot de recommencer ?
La prévention repose sur des gestes simples mais constants :
- Ramassez les selles immédiatement après que le chiot a fait ses besoins.
- Surveillez-le pendant et juste après la défécation.
- Éloignez-le dès qu’il a terminé, avant qu’il ne revienne vers les selles.
- Nettoyez régulièrement la zone où il fait ses besoins.
- Limitez l’accès aux espaces non surveillés tant que l’habitude n’est pas corrigée.
Ces mesures réduisent les occasions de répétition. Or, c’est la répétition qui ancre l’habitude.
Quelles solutions au quotidien pour corriger ce comportement ?
L’apprentissage d’un ordre d’interdiction est l’outil le plus efficace. Choisissez un mot simple : "laisse", "pas toucher" ou "non". Enseignez-le d’abord avec des objets du quotidien (jouets, friandises posées au sol). Lorsque le chiot s’en détourne sur votre signal, récompensez-le immédiatement. Transférez ensuite cet ordre à proximité des selles. Le renforcement positif est toujours plus durable que la punition. Une longe de 3 à 5 mètres peut vous aider à intervenir à distance lors des sorties.
Quand faut-il consulter un vétérinaire ?
Consultez sans tarder si :
- le comportement est apparu brutalement, sans raison apparente,
- votre chiot présente d’autres symptômes : fatigue, vomissements, perte de poids, selles anormales,
- le problème persiste malgré vos ajustements alimentaires et comportementaux,
- votre chiot semble malade ou abattu.
Le vétérinaire peut réaliser un bilan complet : poids, état général, recherche de parasites, évaluation de la nutrition. Si une cause médicale est écartée, il peut vous orienter vers un professionnel du comportement animal.
Un point de vue à contre-courant : et si ce comportement servait à "nettoyer" son environnement ?
Dans la nature, éliminer les traces olfactives protège le groupe. Un ancêtre du chien domestique qui cachait ses déjections limitait l’attraction de prédateurs et réduisait la propagation de maladies. Certains chiots semblent encore porteurs de cet instinct. Ce réflexe de "nettoyage" n’est pas un dysfonctionnement, c’est un héritage évolutif. Le comprendre aide à ne pas sur-réagir et à aborder la correction avec plus de sérénité. Cela ne signifie pas qu’il faut laisser faire, mais cela change le regard qu’on porte sur son chiot.
Ce qu’il faut retenir sur le fait qu’un chiot mange ses crottes
À retenir
- La coprophagie est fréquente chez le chiot et peut être normale jusqu’à 5-6 mois.
- Les causes principales sont : instinct, alimentation inadaptée, stress, parasites, habitude acquise.
- Ramasser les selles rapidement reste la mesure préventive la plus efficace.
- Punir le chiot après coup est contre-productif et peut aggraver le problème.
- Une consultation vétérinaire s’impose si le comportement est récent, fréquent ou associé à d’autres symptômes.
Un chiot qui mange ses crottes n’est ni "sale" ni "mauvais". Il exprime souvent un besoin non satisfait ou reproduit un comportement instinctif. Avec de l’observation, de la patience et les bons réflexes, ce comportement se corrige dans la grande majorité des cas. Et si vous avez le moindre doute, votre vétérinaire reste votre meilleur allié.




